Fouille dans le miocène marin de Montpellier

Publié le par Phanérozoïque

 

 

 

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                                        Carcharias taurus, dent parasymphysaire.

                                                              Taille : 1,9 cm

 

 

 

 

 

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                                                   Même spécimen, autre vue.

 

 

 

Me voilà enfin revenu de ces 15 jours de vacances passées sous le soleil du sud de la France. En rentrant je fus accueilli par la pluie, bien typique de chez nous, mais qui néanmoins commençait à me manquer, étant donné que nous avons bénéficié d'un temps exceptionnel depuis la fin du mois de Mars.

 

 

 

Durant ces deux semaines de vacances je n'ai pas su publier d'article, puisque je n'ai pas su avoir accès à internet à mon grand regret.  Le seul article publié pendant mon absence avait été écrit à l'avance, lors d'une période de temps libre.

 

 

 

En principe durant ce séjour deux fouilles devaient être réalisées, mais en finalité seule l'une d'entre elle a été maintenue, l'autre située sur le chemin du retour ayant été annulée pour cause de mauvaise météo.

 

 

 

Comme je vous l'avais signalé la fouille s'est déroulée dans une carrière abandonnée mais assez célèbre  aux environs de Montpellier.

 

 

 

Ayant la chance de loger dans un lieu pas très éloigné du site de fouille (40 minutes de route), j'ai pu dormir relativement tard pour une fois. Arrivé sur place aux alentours de 10h et après quelques bouchons, je retrouve Fabrice, grand passionné de dents de requins, travaillant déjà sur une couche, supposée être la couche 10, selon la numérotation de Henri Cappetta (1970) . Cette couche est composée de marnes calcaires de couleur bleu-foncé. 

 

 

 

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                              Coupe du gisement , d'après Cappetta (1970) , page 9

 

 

 

 

Cette couche étant située en haut de la carrière, le chemin pour rejoindre Fabrice fut un véritable parcours du combattant, le terrain étant très pentu, instable, et semé d'embûches !

 

 

 

Enfin arrivé et après quelques minutes de discussions nous entamons la couche au moyen d'une petite massette et d'un burin . Le travail doit être minutieux car il faut essayer de garder intact un maximum de dents, qui sont très fragiles .

 

 

 

Il consiste à prélever des blocs marneux de la couches, et à les scinder jusqu'à voir une dent . Après, les trouvailles sont soigneusement emballées, pour ne perdre aucun morceau éventuel de la pièce qui pourrait se détacher de la gangue. Dans le cas où la dent est intéressante et risque de se casser, je vais même jusqu'à la consolider sur place à l'aide de colle diluée dans de l'eau .

 

 

 

 

La couche ne se révèle pas d'une richesse exceptionnelle mais les trouvailles sont néanmoins au rendez-vous . Nous constatons Fabrice et moi la présence quasi exclusive de "petits" élasmobranches . En effet nombreuses sont les dents de Carcharhinidés tels que C. priscus ou Negaprion kraussi et autres, mais aucune trace des grands lamniformes tels que les Isuridae, même sous forme fragmentaire. Les Odontaspididae, principalement représentés sur ce gisement par Carcharias taurus (ex acutissima) , ne se rencontre qu'assez rarement.

 

 

 

 

 

 

Après avoir trouvé quelques dents complètes en cassant des blocs, donc une  belle dent de raie Myliobatis, je décide d'examiner la paroi verticale, pour dénicher d'éventuelles dents affleurant en surface de la couche. Et comme de fait après quelques secondes de recherche, j'ai pu mettre la main sur une belle Aprionodon acuarius (plusieurs spécimens ont été trouvés au cours de cette journée), ainsi qu'une petite dent de Dasyatis, autre représentant des rajiformes.

 

 

 

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                                                             Myliobatis sp. 

                                                             Taille : 2,1 cm 

 

 

Rien que sur ce gisement nous rencontront 7 représentants des Dasyatidae, et il n'est pas toujours facile de tous les différencier...

 

 

 

 

Muni d'un crochet de dentiste, je peux dégager avec précision les dents fragiles qui ne sortent pas totalement de la paroi. Un outil peu coûteux et utile dans bien des circonstances !

 

 

 

 

Vers deux heures de l'après-midi nous commençons à souffrir de la chaleur, mais perséverons. Fouillant toujous à vue, je découvre une petite dent qui fut sur place identifiée comme étant une dent d'Hemipristis serra, mais après réflexion il s'agirait plus vraissemblablement d'une dent parasymphysaire de Carcharias taurus.  

 

 


 

 

 

Peu après les trouvailles commenceront à devenir moins nombreuses, mais à noter quand même qu'un fragment de dent latérale supérieure d'Hemipristis sera sera découvert. Ces dents ne sont pas courantes dans ce gisement, surtout complètes.

 

 

 

 

Vers 16h la fatigue se fait fortement sentir de mon côté, notament de part le fait que la nuit précédante avait été relativement courte et peu reposante. Fabrice quant à lui poursuivra jusque 19h, ce qui lui permettra de découvrir une belle dent de Galeocerdo aduncus.

 

 

 

 

 

Bilan très acceptable de mon côté pour cette fouille, même si les trouvailles n'ont pas été exceptionnelles pas mal de dents complètes et intéressantes ont pu être dénichées.

 

 

 

 

 

Les dents d'espèces plus petites découvertes lors de cette fouille seront normalement publiées dans les prochains articles.

 

 

 

 

 


 

Publié dans Comptes-rendus

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